Centre culturel de Chefchaouen – Dar Ettakafa
La Maison de la Culture de Chefchaouen, et non le complexe de la Kasbah
Le lieu présenté ici est le Centre culturel de Chefchaouen, couramment appelé Maison de la Culture ou Dar Ettakafa. Il se trouve dans le secteur d’El Haouta, à proximité de Hammam El Harras, au cœur du tissu ancien de la ville.
Cette localisation doit être distinguée de la Kasbah de la place Outa El Hammam. La Kasbah réunit d’autres équipements : musée ethnographique, théâtre de plein air, galerie Saïda Al Horra et Centre d’études et de recherches andalouses. Le Centre culturel de Chefchaouen ne doit pas être confondu avec la Kasbah, qui réunit plusieurs autres équipements culturels.
Dar Ettakafa est un établissement culturel public consacré à la lecture, aux rencontres intellectuelles, à la musique, aux arts visuels, aux ateliers et aux initiatives portées avec la société civile. Son rôle est moins celui d’un monument touristique que celui d’un lieu de travail culturel quotidien pour les habitants, les écoles, les associations, les artistes et les chercheurs.
Un bâtiment inspiré de l’architecture locale
La Maison de la Culture s’insère dans le quartier historique d’El Haouta. Les descriptions disponibles du bâtiment signalent une architecture intérieure faisant appel aux savoir-faire décoratifs marocains : arcs, zellige, portes en bois peint, plafonds travaillés, sols géométriques et cour organisée autour d’une fontaine.
Ce caractère architectural crée une atmosphère différente de celle d’une salle polyvalente contemporaine. La lecture, les expositions et les rencontres s’y déroulent dans un cadre qui prolonge visuellement l’identité de la médina. Cette qualité ne transforme toutefois pas le centre en musée : les espaces sont utilisés en fonction de la programmation culturelle et des activités administratives.
Bibliothèque, lecture publique et transmission
La lecture constitue l’une des fonctions les mieux documentées du centre. La bibliothèque accueille différents âges et plusieurs champs de connaissance. Elle sert de support aux rencontres avec les auteurs, aux présentations de livres, aux ateliers de lecture et aux programmes menés avec les établissements éducatifs et les associations.
En janvier 2022, le centre a lancé avec l’Association des Amis d’Al-Mouatamid le programme « Club de lecture pour tous », conçu à l’échelle de la province. Le projet ne se limitait pas aux lecteurs du centre-ville : il prévoyait des ateliers, concours, formations et prix dans les établissements scolaires, les bibliothèques territoriales, les institutions sociales et certains établissements pénitentiaires, en milieux urbain et rural.
Cette approche donne à la Maison de la Culture une fonction provinciale. Le centre ne se contente pas de conserver des livres ; il cherche à construire des pratiques régulières de lecture et à rapprocher les ressources culturelles de publics qui vivent loin des grands équipements nationaux.
La salle Abdelkrim Tabbal
La salle de conférences du centre porte depuis janvier 2022 le nom du poète Abdelkrim Tabbal, figure majeure de la poésie marocaine contemporaine et personnalité étroitement associée à Chefchaouen.
L’inauguration de cette salle a été accompagnée de lectures poétiques, de musique et d’une rencontre critique autour de la création littéraire moderne. Ce choix inscrit la poésie dans l’identité permanente du bâtiment, au-delà des événements ponctuels.
La salle accueille conférences, tables rondes, rencontres littéraires, témoignages, débats et petites formes artistiques. Sa capacité exacte n’est pas publiée dans une fiche technique officielle accessible ; Aucune jauge n’est indiquée tant qu’une capacité officielle et vérifiable n’est pas publiée.
Une ville et un lieu profondément liés à la poésie
Chefchaouen possède une histoire littéraire remarquable. Le Festival national de la poésie marocaine moderne, organisé avec l’Association des Amis d’Al-Mouatamid, compte parmi les rendez-vous poétiques les plus anciens du Maroc. Certaines séquences se déroulent dans les jardins de la Kasbah, tandis que les rencontres critiques et les témoignages ont régulièrement trouvé place au centre culturel.
La Maison de la Culture joue ainsi un rôle complémentaire : les espaces patrimoniaux accueillent les lectures en plein air et les cérémonies, alors que Dar Ettakafa offre le cadre nécessaire au travail critique, à la présentation des ouvrages et au dialogue entre poètes, universitaires et lecteurs.
Musique andalouse et mémoire de Chefchaouen
L’héritage andalou constitue un autre axe fort. Chefchaouen a été profondément marquée par les migrations andalouses, visibles dans l’architecture, les pratiques sociales, les traditions culinaires et les répertoires musicaux.
Le centre a accueilli des rencontres consacrées à la musique al-âla, notamment le rendez-vous « Al-Walaâ », réunissant musiciens, passionnés et connaisseurs autour de noubas, de poèmes chantés et de formes de transmission entre générations.
Il peut également recevoir des conférences et activités associées au Forum des Andalousies de Chefchaouen. Les grandes soirées du forum ont toutefois lieu principalement au théâtre de plein air de la Kasbah et dans d’autres espaces historiques. La fiche distingue donc l’institution organisatrice ou partenaire du lieu exact de chaque concert.
Arts visuels, photographie et caricature
Dar Ettakafa a accueilli des expositions et ateliers de peinture, photographie, installation, vidéo et pratiques contemporaines. Dès la fin des années 2000, des rencontres artistiques y associaient artistes marocains et espagnols et proposaient des ateliers destinés aux enfants dans différents espaces de la ville.
La Maison de la Culture a aussi été l’un des lieux du Forum national de la caricature et des médias de Chefchaouen. Conférences, expositions, débats sur la liberté d’expression et ateliers de culture visuelle y ont rapproché dessinateurs, journalistes, chercheurs et jeunes publics.
Ces programmes sont importants dans une ville souvent réduite à son image touristique. Ils rappellent que Chefchaouen n’est pas seulement un décor photographié : elle possède des artistes, des critiques, des associations et une production culturelle qui questionnent les images mêmes de la ville.
Théâtre, ateliers et société civile
Le centre soutient ou accueille des lectures théâtrales, formations, répétitions, conférences et présentations de projets. Des associations locales y organisent également des activités liées à l’éducation, au patrimoine, à la jeunesse, à la culture méditerranéenne et au développement territorial.
La petite échelle de l’équipement explique cependant pourquoi les acteurs locaux réclament depuis plusieurs années un véritable théâtre et un complexe socioculturel plus vaste. Des travaux pour un nouveau centre socioculturel et un théâtre ont été lancés en 2023 dans le cadre d’un programme distinct. Dar Ettakafa doit donc être comprise comme l’équipement culturel existant de proximité, et non comme le nouveau grand complexe en construction.
Le projet de salle de cinéma : une ouverture non confirmée
Le centre a reçu en 2023 du matériel destiné à intégrer le programme national des salles de cinéma installées dans les centres culturels. Toutefois, une question parlementaire consacrée au retard du projet indiquait que la salle n’avait toujours pas été mise en exploitation, malgré la présence des équipements.
Aucune annonce officielle plus récente permettant de confirmer une programmation cinématographique régulière n’a été trouvée. La Maison de la Culture ne doit donc pas être présentée, à ce stade, comme un cinéma actif. Des projections ponctuelles peuvent être organisées dans un cadre culturel, mais elles ne valent pas ouverture permanente d’une salle commerciale ou municipale.
Une pièce du réseau culturel de Chefchaouen
La vie culturelle locale repose sur plusieurs lieux complémentaires : Dar Ettakafa, la Kasbah et son théâtre de plein air, la galerie Saïda Al Horra, le musée ethnographique, la bibliothèque municipale Manahil Al Irfane, le conservatoire de musique et le Centre d’études et de recherches andalouses.
La Maison de la Culture occupe dans ce réseau une position particulière : elle offre un espace intérieur régulier pour la lecture, la parole, la formation, l’expérimentation et le travail associatif. Elle prolonge la mémoire de la ville sans se limiter à une présentation folklorique de son patrimoine jebli ou andalou.
Préparer sa visite
La Maison de la Culture se trouve à El Haouta, près de Hammam El Harras, dans la médina de Chefchaouen. Elle n’a pas de parcours permanent comparable à celui d’un musée. Une visite a surtout du sens à l’occasion d’une conférence, d’une exposition, d’un atelier, d’une rencontre littéraire ou d’une activité de la bibliothèque.
Des annuaires indiquent des horaires administratifs en journée, mais ceux-ci ne constituent pas une garantie pour l’accès du public ni pour les événements. Il est recommandé de vérifier l’affiche ou l’annonce de l’organisateur avant de se déplacer.
Pour poursuivre la découverte, consultez les événements culturels à Chefchaouen et les institutions culturelles de la ville.
Informations pratiques
Adresse : place El Haouta, près de Hammam El Harras, médina de Chefchaouen 91000, Maroc Type : centre culturel public / Maison de la Culture Principales fonctions : bibliothèque, salle Abdelkrim Tabbal, conférences, littérature, musique, arts visuels, ateliers et activités associatives Cinéma : équipement annoncé, mais exploitation régulière non confirmée