IRTIJAL
IRTIJAL, un laboratoire artistique entre corps, territoires et société
Fondée à Rabat en 2013 par l’artiste, pédagogue et chercheuse Nezha Rhondali, IRTIJAL est une association artistique et culturelle marocaine qui développe des projets à la croisée de la création contemporaine, de la performance, de la recherche artistique et de la transmission.
Son travail explore les relations entre corps, territoire et société à travers des performances, des dispositifs hybrides, des projets participatifs et des espaces de recherche collective. IRTIJAL porte une attention particulière aux gestes, aux savoir-faire, aux pratiques sociales et aux formes musicales et dansées qui composent la mémoire vivante des territoires marocains.
À Rabat, cette démarche prend aussi une forme concrète avec le tiers-lieu culturel TASSAROUT, dans la médina de Rabat, porté par IRTIJAL au Fondouk Ben Aïcha. Ce lieu prolonge sur le terrain les axes de création, de recherche, de transmission et de dialogue avec les savoir-faire artisanaux développés par l’association.
À ce titre, IRTIJAL s’inscrit pleinement dans la scène culturelle de Rabat et, plus largement, dans les dynamiques contemporaines de la culture et des arts au Maroc.
Une pratique artistique fondée sur la recherche et l’expérimentation
Au fil des années, IRTIJAL a développé plusieurs projets emblématiques qui mettent en relation création, recherche et contexte territorial.
ZANKA DYALNA, initié dès 2012 par Nezha Rhondali, explore la place des corps dans l’espace public. D’abord développé à travers des solos dansés, le projet s’est progressivement transformé en performances, marches et déambulations collectives mêlant artistes, professionnels et amateurs. Il interroge notamment les enjeux de genre, les usages de la ville et la disparition ou la privatisation des espaces communs.
En 2014, TWIZA a réuni à Maoka, près de Bir Jdid, une trentaine d’artistes, designers et agriculteurs autour d’une expérience mêlant création artistique, permaculture, matériaux locaux et réflexion sur les formes de coopération. Le projet a contribué à faire émerger un espace de résidence artistique et une réflexion sur les liens entre pratiques contemporaines, savoir-faire traditionnels, écologie et modes de vie collectifs.
Entre 2016 et 2018, ATLAS Project a réuni artistes et scientifiques marocains et allemands à Agdz et Cologne autour des transformations socio-écologiques du territoire du Drâa. Agriculture oasienne, usages de l’eau, architecture en terre, patrimoine immatériel et Ahwach y ont été étudiés dans une approche transdisciplinaire croisant savoirs scientifiques, artistiques et locaux.
Corps, normes sociales et expériences féminines
Les questions de genre, de féminisme, de corps et d’espace public traversent fortement la démarche d’IRTIJAL. L’association développe des espaces artistiques fondés sur l’ouverture, l’inclusion, l’écoute, le consentement, l’empathie et le non-jugement.
Le projet INJONCTIONS, développé depuis 2022 à Rabat, interroge les normes sociales qui façonnent les corps, en particulier ceux des femmes. Performance, installation, ateliers et temps d’échange y deviennent des outils pour explorer la manière dont ces injonctions influencent la perception de soi, les gestes et les relations aux autres.
Avec KHAYTI, porté par Nezha Rhondali et Myriam Rabah-Konaté, le geste artisanal devient également matière chorégraphique. À partir du fil et de pratiques féminines inspirées de l’artisanat entre Rabat et Marseille, la création met en relation corps, mémoire, transmission, installation et création sonore.
Transmission, danse sociale et communauté artistique
La transmission constitue un autre pilier majeur d’IRTIJAL. L’association organise des cours, workshops, cycles de formation et rencontres autour de la danse improvisée, du contact improvisation, des pratiques somatiques et de la performance.
À Rabat, ses cours hebdomadaires rassemblent artistes, amateurs et étudiants issus de plusieurs écoles artistiques. Ils contribuent à structurer une communauté locale de pratique, de recherche et de transmission.
Depuis 2014, IRTIJAL organise également des Jams de danse et de musique improvisées, dont la Jam Kabira. Ces rendez-vous font dialoguer improvisation contemporaine, musique live, poésie et pratiques populaires marocaines telles que le Gnawa, l’Ahwach ou le Chaabi. Le mouvement y devient un outil de rencontre, de soin collectif et de célébration partagée.
IRTIJAL développe aussi des projets de transmission avec différents groupes sociaux et territoires, notamment à travers des ateliers participatifs et des processus de création collective.
DERDEK, une plateforme dédiée à la performance au Maroc
Avec DERDEK, IRTIJAL développe une plateforme consacrée à la recherche, à la formation, à l’accompagnement et à la diffusion de la performance contemporaine au Maroc.
DERDEK propose des workshops, des formations intensives et des laboratoires de recherche destinés aux artistes. La plateforme cherche à renforcer une scène performative encore peu structurée localement et à ouvrir une réflexion critique sur l’histoire et les pratiques de la performance depuis le Maroc, l’Afrique et les Suds.
Le programme Troisième Œil prolonge cette dynamique avec un dispositif d’accompagnement fondé sur des sessions de travail et de feedback collectif. DERDEK travaille également à la diffusion et à la mise en réseau des artistes, en lien avec plusieurs acteurs culturels marocains, dont Le Cube – Independent Art Room et la Fondation Hiba.
TASSAROUT, un ancrage dans la médina de Rabat
IRTIJAL porte également TASSAROUT, son tiers-lieu culturel installé au Fondouk Ben Aïcha, dans la médina de Rabat. Le lieu met en relation création contemporaine, artisanat, habitants, artistes et publics culturels.
TASSAROUT développe des résidences artistiques, expositions, projections, rencontres, performances, présentations d’ouvrages et marchés éphémères. Ses résidences « Occupations Temporaires » donnent aux artistes des temps de recherche et d’expérimentation, tout en favorisant une relation directe avec la médina et les artisans du Fondouk.
Le lieu accueille aussi des programmes de recherche-création autour des mémoires, des gestes, des trajectoires et des géographies sociales de la médina. Le programme Cartographies sensibles de la médina de Rabat prévoit notamment plusieurs résidences, ateliers et formes de restitution, dont une carte interactive, une publication, une exposition et le lancement de Radio Tassarout.
Pour approfondir cet ancrage territorial, consultez la fiche complète de TASSAROUT à Rabat, avec ses résidences « Occupations Temporaires », sa programmation culturelle et ses programmes de recherche-création.
Un réseau marocain et international
IRTIJAL s’inscrit dans un réseau de collaborations artistiques, territoriales et internationales. Au Maroc, l’association dialogue avec des artistes, collectifs, écoles et espaces culturels à Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger, Tétouan et Salé.
Elle collabore également avec plusieurs institutions culturelles et réseaux internationaux, parmi lesquels l’Institut Français du Maroc, l’IRD, le Goethe-Institut, le British Council, Pro Helvetia, AFAC et le European Endowment for Democracy, ainsi qu’avec des artistes et compagnies basés notamment à Nantes, Marseille, Londres et Montpellier.
Cette ouverture participe à la circulation des artistes, au développement de résidences et de programmes de formation, tout en renforçant les échanges entre le Maroc, la Méditerranée et d’autres scènes africaines.
IRTIJAL en bref
- Création : performance, chorégraphie, arts visuels, installations et projets participatifs
- Recherche : corps, territoires, espace public, normes sociales, artisanat, écologie et mémoires
- Transmission : cours, workshops, pratiques somatiques, jams et accompagnement artistique
- Plateforme : DERDEK, dédiée à la performance contemporaine
- Tiers-lieu : TASSAROUT, dans la médina de Rabat
- Ville de référence : Rabat
Pour suivre l’actualité culturelle de la capitale, consultez également l’agenda culturel de Rabat.
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